Par Sandra Cusson, M. Ps., réd. a.
Soyons honnêtes : personne n’aime recevoir de critiques, si bienveillantes et constructives soient-elles… Une critique, même sollicitée, même amenée de manière diplomatique, n’en constitue pas moins une atteinte à l’égo. Et pourtant! Il suffit de se rappeler les premières versions de nos propres « chefs-d’œuvre » ou encore, de jeter un coup d’œil aux versions antérieures d’une plateforme comme Facebook, par exemple, pour se rendre compte du chemin parcouru! Une idée géniale n’était sans doute pas si géniale au départ et il a fallu bien des ajustements et des recommencements avant d’en arriver à ces succès fulgurants qui suscitent l’admiration.
Des émotions tout à fait normales
S’il est relativement aisé de comprendre le bien fondé de la critique et la nécessité du travail d’amélioration et de peaufinage, il est pratiquement impossible de supprimer l’émotion ressentie lorsque l’on voit la belle production dont on est si fier ne récolter que des commentaires mitigés…
L’importance de la pratique
C’est ici qu’entrent en jeu certaines habiletés personnelles, lesquelles peuvent toutes – fort heureusement – être développées. Prenons par exemple une qualité que l’on nomme la maîtrise de soi; il ne s’agit pas d’un atout inné, que l’on possède ou que l’on ne possède pas, mais bien d’une habileté qui se développe avec la pratique, comme tout le reste. Vous me voyez venir? Plus l’on s’expose à la critique, plus on la recherche, plus ce sera aisé d’y réagir adéquatement.
Pour tirer le maximum d’une critique, n’hésitons pas à aller chercher des précisions. Par exemple : « D’accord. Quels sont les éléments qui selon vous, mériteraient d’être changés? » En incitant l’autre à s’expliquer, on obtient un double bénéfice; on s’assure d’abord que la critique repose sur quelque chose de tangible et surtout, on ramène l’interaction à un mode d’échange (on ne se contente pas de recevoir le commentaire) ce qui permettra d’aller chercher davantage d’information utile.
Confronter ses idées irréalistes
Parfois, la réception de notre travail est vraiment difficile et l’on peut commencer à sentir son estime de soi dangereusement menacée. La technique de la confrontation des idées irréalistes est une méthode ayant fait ses preuves; c’est sans doute celle qui est la plus fréquemment conseillée par les psychothérapeutes. En gros, il s’agit de confronter certaines idées qui nous viennent spontanément à l’esprit mais qui, lorsque l’on s’attarde un peu à les reconsidérer, peuvent s’avérer tout à fait exagérées ou non conformes à la réalité. Voici quelques idées irréalistes très fréquentes : « Je dois réussir et obtenir l’approbation des autres »; « Ce qui m’arrive est affreux et je ne peux pas le tolérer »; « Cette erreur que j’ai commise prouve que je suis nul »; « Le monde est méchant et hostile »; etc.
Se mettre à l’écoute de son discours intérieur, en prendre conscience et faire volontairement l’effort de remplacer les affirmations extrêmes par des énoncés davantage conformes à la réalité, voilà qui aide beaucoup à prendre du recul et à remettre les choses dans leur juste perspective. On sera alors mieux disposé à réagir de façon neutre et à viser les avantages à long terme de la situation présente.
Sandra Cusson est psychologue organisationnelle et rédactrice agréée de la SQRP. Possédant de nombreuses années d’expérience dans les domaines de la consultation, de la recherche et du développement de contenus, elle offre maintenant ses services en tant que rédactrice à la pige.